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De la part de Thierry

Le confinement confortable ou le doucereux privilège de classe.

L’avantage concédé à certaines personnes en raison de leur naissance, de leurs fonctions, de leur appartenance à certains corps aurait été aboli la nuit du 4 août … soit disant…

Le temps passe.

Et les privilèges survivent plus longtemps dans les gentilhommières aseptisées que le virus sur la peau crasse des sans-abri ou des délaissés pour services publics rendus.

Leur temps trépasse.

Infirmières, aide-soignantes, pompiers, policiers, enseignants volontaires pour accueillir les enfants de soignants, caissières, éboueurs et j’en oublie, alimentent le cœur du réacteur irradiant de notre poltronnerie.

Comme au temps de la peste médiévale, de la grippe espagnole post tranchées, les victimes du Covid-19 se compteront sur les doigts déclassés des travailleurs, y compris les manchots et les amputés.

Ceux qui peinent tous les jours, depuis toujours, pour notre illusoire bien-être.

Il ne s’agit pas de tirer aveuglément à boulets rouges sur Macron et son gouvernement. Macron n’est pas responsable de cette terrible crise sanitaire.

Cette crise sanitaire ET politique n’est pas une guerre à mener.

Juste un révélateur impressionnant et destructeur de notre capitalisme mondial.

Mais, jusqu’à preuve du contraire, ce sont eux qui gouvernent.
Et je le répète, Macron (comme ses prédécesseurs je l’accorde) sont responsables d’une politique de démantèlement des Services Publics.

Et il me semble bien tard de les voir, sans honte aucune, constater aujourd’hui, du bout de lèvres pincées et arrogantes que, ENFIN, les infirmières, les aides-soignantes sont des êtres (sur)vivants et bien « utiles » ma foi.

Ca coûte rien de le dire. Ca coûte plus (cher!) de le reconnaître, de les reconnaître.

Je leur demande juste, et c’est pas grand chose, d’écouter ceux qui leur parlent : les personnels hospitaliers, les enseignants et bien d’autres qui travaillent pour le bien de tous.

E-COU-TER !

Le pouvoir ne sait plus regarder, ne sait plus écouter par contre il sait encore parler.

Pour ne rien dire, avec des mots qui n’existent plus.

Et puis aussi.

Affligeantes conséquences de cette crise, la divinisation de l’école à la maison et du télétravail.

Non l’école à la maison n’est pas l’Ecole et ne sera jamais l’Ecole.

L’Ecole laïque où l’on apprend ensemble à s’émanciper du joug familial et d’autres croyances béates et bébêtes qui courent les rues comme les medias.

Pour aller vers un savoir libérateur.

Le télétravail est un attrape nigaud pour imbécile…heureux de tout confondre dans une mixture servile et appétissante comme un poison : travail et vie personnelle touillés comme une bouillie étouffante.

Appât destructeur de chaque individu. Un adorable piège tendu, offert par des patrons bienfaiteurs, prenant soin de nous…comme tout bon paternel.

Comme au temps où le bon patron vous offrait une maison, aujourd’hui il vous offre la déjà vôtre qui n’est déjà plus la vôtre.

Les travailleurs d’un temps où la lutte syndicale n’était pas « has-been », ringarde, doivent se retourner dans leurs tombes abandonnées par notre ingratitude.

Ben oui, le travail à la maison mais c’est super tendance : à quoi bon les congés payés, les dimanches chômés, la réduction du temps de travail ?

Vive la cadence infernale entre le clavier d’ordinateur et l’épluchage des légumes !

Vive la sonnerie de téléphone qui retentit pendant l’histoire racontée à son enfant !

Vive le mail patronal déposé amoureusement entre nos baisers furtifs !

Non ici, dans ce repli sur son chez soi, le combat collectif ne passera pas !

Non là, dans notre intimité rescapée, l’individu n’existera plus !

Chaque toit qui nous abritait s’envole aux vents mauvais de l’exploitation.

Nous sommes nus, enchaînés à l’air libre, comme les premiers « sauvages » du capitalisme.

Cette crise sanitaire ET capitaliste va laisser des traces indélébiles.

Elle révèle déjà, autour de nous, de vieux fonds de tiroirs exhalant l’égoïsme, puant la peur et suintant de plaintes.

Elle témoigne, heureusement, des élans de générosité, de courage voire de sacrifices.

Les médaillés du jour d’après ne seront pas ceux à qui l’on pense…évidemment !

Nous ferons les comptes, plus tard.

En temps voulu par nous. Dès que possible. Quand nous serons remis sur pied. Le poing levé, sans gant, sans masque !

La lutte des classes promet des lendemains d’interpellation…

Nous serons les actionnaires de notre propre avenir…

Thierry Cousteix, enseignant volontaire et en colère !

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Le café est ouvert

L’idée vient de « C. » et elle est bonne. Dans un café, il n’y a pas que le barman qui cause. Donc si vous avez des coups de cœur, de gueule, des infos, des liens à faire passer, envoyez moi un texte, je publierai, si la correction exigée par ce lieu est respectée.

Je vous donne mon adresse mail (qui n’est pas très difficile à trouver), avec juste une petite précaution pour éviter de recevoir encore plus de ces pubs de merde dont nous inondent les robots.

« jm.laherrere », et je suis chez orange. A vous si le cœur vous en dit.

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Trois liens

Trois liens pour aller s’instruire ou s’interroger.

Tout d’abord cette conférence du collège de France, un tout petit peu ardue par moment, mais claire et pédagogique dans l’ensemble : Chronique d’une émergence annoncée.

Et deux textes qui ont le mérite de poser des questions que tout le monde ne pose pas :

Cette interview d’Alain Damasio sur Libé, et ce papier de Frédéric Lordon dont le titre a le mérite de la clarté. Bonne lecture, confinez bien.

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non, nous ne sommes pas en guerre

C’est la lecture du beau texte d’Annie Ernaux, dont j’avais entendu parler et qui nous a été signalé en commentaires qui me remets une pièce dans la machine, et me refais râler.

Comme elle, je n’ai pas aimé la rhétorique guerrière du président. Je suis d’accord avec son texte, ce n’est pas une guerre, il n’y a pas un ennemi qui veut nous envahir, nous coloniser ou nous exterminer.

Mais ce terme a deux avantages pour le pouvoir.

Tout d’abord ça permet au président de jouer au grand chef. Ils aiment ça les présidents français prendre des pauses martiales, taper de leurs poings sur la table, regarder les français droit dans les yeux avec un air sévère et concentré. Moi je trouve ça ridicule, mais ça doit plaire …

Plus grave, un état de guerre permet de prendre des décisions d’exception, et c’est ça qui est inquiétant. Si certaines sont justifiées, comme les restrictions de déplacement, d’autre sont plus contestables. De même que la lutte contre le terrorisme avait permis de mettre sous surveillance des militants écologistes cette fois c’est le droit du travail qui va morfler. Pour combien de temps ? Et est-on certain de revenir en arrière ?

Vous remarquerez que pendant que les droits du travail sont restreints par loi, notre ami Le Maire demande, n’exige pas, ne légifère pas, demande, aux entreprises qui bénéficieront de chômage partiel de ne pas distribuer de dividendes cette année.

C’est marrant, pour certains on légifère, pour d’autre on demande poliment, s’il vous plait, si ce n’est pas trop demander si … Avec aucune conséquence s’il est répondu « fume ». Et pour l’instant, ce n’est que le droit du travail qui est attaqué, mais en temps de guerre, où s’arrêtera-ton ? Ca n’a pas manqué, certains vont plus loin que chez nous, en Hongrie ce cher Victor en profite. Gageons que d’autres suivront.

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Il faut bien rire

Parce qu’autour du café on ne fait pas que râler ou parler sérieusement, et qu’on y raconte aussi des conneries.

Cette petite image qui me semble fort bien trouvée.

Et quand on  besoin de se défouler, un collègue m’a fait découvrir le journal de confinement de Pierre Emmanuel Barré. Je ne conseillerais pas à ceux qui n’aiment pas l’outrance ni la grossièreté, mais pour les amateurs de Preacher ou de Transmetropolitan, c’est un très bon défouloir.

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Manu et Jérôme

Parmi les mauvaises nouvelles d’hier, la mort de Manu Dibango. Certes ses beaux jours de saxophoniste étaient derrière lui, mais son énergie et sa joie de vivre vont nous manquer. On peut toujours écouter ses multiples enregistrements.

Sinon, Jérôme Leroy est en forme, très pertinent et clair dans ses textes. Après celui sur les applaudissements parfois bien faciles de certains, voici un autre texte à méditer.

Sinon je me posais deux questions :

J’ai vu que Macron allait se rendre à Mulhouse. En quoi ce déplacement est-il vraiment indispensable ? Utile ? Va-t-il aider physiquement ? Trier des malades ?

Et je lis que les bourses montent, descendent … Aujourd’hui encore plus qu’hier je me demande quel est l’apport au bien de l’humanité de ces entités. Quel bienfait a-t-on un jour tiré de cette activité ? Et en quoi fait-elle partie des activités qui doivent absolument se maintenir en ces temps de crise et de confinement ?

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Cela fait longtemps que ce sont des héros

En réponse à certains commentaires, je reviens sur une autre chose qui m’a agacé dans les discours politiques de ces jours-ci, c’est de qualifier le personnel soignant de héros dans leur lutte contre l’épidémie.

Mais bande de cons, ça fait très longtemps que ce sont des héros ! Des personnes qui se dévouent corps et âmes, dans des conditions toujours plus difficiles pour nous maintenir en bonne santé.

Il y a plus de 10 ans, quand j’ai eu besoin d’amener mon fils très malade aux urgences pédiatriques, ils étaient déjà débordés, et ils ont déjà été admirables, dans des conditions déjà difficiles. Il y a peu j’ai vu le personnel hospitalier dans les services de gériatrie, c’est incroyable ce qu’ils arrivent à faire, dans les conditions dans lesquelles ils travaillent.

Quand j’en parle avec des collègues qui ont des conjoints, frères, sœurs, fils ou filles qui travaillent à l’hôpital ce qu’ils me racontent dépasse l’entendement. On ne peut que resentir une admiration sans borne pour eux, et une rage contre tous les politiques qui, depuis des années, sous des prétextes comptables, mais en réalité pour privatiser chaque fois plus les profits de la partie de la médecine qui est rentable, laissent crever à petit feu l’hôpital.

Alors bande de crevures cyniques, ça fait longtemps que ce sont des héros, ça fait longtemps que vous étranglez ceux que vous appelez héros ces jours-ci. Que vous le fassiez en toute connaissance de cause, avec un cynisme abject, ou que vous le découvriez vraiment (ce qui serait la preuve d’un aveuglement et d’une bêtise insondables) vous devriez avoir honte.

Pour ce qui est d’applaudir les soignants, je suis globalement d’accord avec ce qu’écrit Jérôme Leroy, c’est se dédouaner à peu de frais de ne rien avoir fait avant. S’il y a un point sur lequel je ne le rejoins pas, c’est que je suis certain (parce que j’en connais), que parmi ceux qui applaudissent tous les soirs, il y en a qui ne le font sincèrement, et pas pour se donner une bonne conscience à pas cher. On peut applaudir et réfléchir et voter et lutter.

J’espère seulement que pour après, personne n’oubliera, et je rêverais que les politiques qui sont si prompts à appeler au civisme, sauront se souvenir, eux aussi, et peut-être, rêvons, reconnaître leurs erreurs, pour ne pas dire leurs fautes.

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Et après le confinement ?

Soit je ne comprends rien, soit il y a une faille monumentale dans les raisonnements des politiques qui nous parlent. J’explique, je reprends ceci, lu sur le site Du Monde (non même confiné je ne lis pas le Figaro) :

– Confinement, pénurie de masques, port du masque. Dans un entretien au Figaro, Olivier Véran, le ministre de la santé, estime le « nombre de malades à 20 000 » et que « l’épidémie  [est] sur le point d’atteindre le pic épidémique dans le Grand Est ». Il déclare que « le confinement est nécessaire. (…) Plus on l’applique avec sérieux, moins il durera. (…) La situation va d’abord se dégrader, avant de s’améliorer : dans un premier temps l’épidémie va continuer à progresser, car les malades qui décèdent aujourd’hui ont été contaminés avant le confinement. C’est quelque chose d’attendu ». Il ajoute que « nous sortirons du confinement quand le virus ne circulera plus ». –

Question : peut-on raisonner en restant national ? A moins de fermer totalement nos frontières, il ne suffit pas que le virus ne circule plus en France, il faut qu’il ne circule plus en Europe, voire dans le monde.

Comme je n’entends pas parler de stratégie mondiale, que pour l’instant il n’y a aucune concertation internationale connue, je me demande si c’est par incompétence et manque total de stratégie à moyen terme, ou si une stratégie a déjà été retenue dont le gouvernement ne veut pas faire état. Les deux hypothèses sont inquiétantes.

Question subsidiaire, qu’en est-il et qu’en sera-t-il des migrants qui meurent à nos portes aujourd’hui, et plus tard, quand la crise sera passée ici mais pas là-bas ?

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Decorum

Une première chose m’a choqué, quand j’ai regardé, en famille, la déclaration de Macron lundi. C’est incroyable, mais depuis les premiers vœux de Giscard que je regardais sur la petite télé en noir et blanc de mes grands-parents qui n’auraient raté ça pour rien au monde, rien n’a changé.

Même décor pompeux, même emphase dans la phrase, même regard fier fixé sur … le prompteur. Même phrase pourtant passée à la moulinette par le regretté Pierre Desproges (françaises, français, belges, belges etc …), même conclusion grandiloquente, VIVE LA REPUBLIQUE, vive la France !

Est-ce qu’ils imaginent que leur public est le même ? Que ce sont les mêmes choses qui sont censées inspirer un respect que, malheureusement, ils n’ont pas gagné par leurs actions ? S’imaginent-ils les commentaires des jeunes qui disent tout haut ce qu’on pense plus bas, à savoir :

« Bon quand c’est qu’il accouche ? » (10 minutes avant d’en venir aux faits)

« Il nous prend pour des cons à parler comme ça ? »

Et éclats de rire immédiat sur le final et sa marseillaise.

Ces gens-là vivent-ils encore en 1950 ? Y a-t-il dans les sous-sols de l’Elysée un scribe desséché qui écrit tous les discours depuis Pompidou ? Et est-ce qu’il n’y a que chez moi que ça fait rire ?

Pourquoi ne pas finir par grosses bises ? Bon courage à tous ? Rendez-vous dans … jours ?

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Bienvenue

Depuis le début de la crise je me pose pas mal de questions sur les décisions publiques, les commentaires des journalistes et des lecteurs, ce que nous réserve les semaines à venir. Et malheureusement, impossible de partager cela autour d’un café avec les collègues, ou autour d’un verre avec les amis.

C’est pourquoi j’ouvre ce café, pour échanger avec ceux qui le désirent, à une condition, on reste courtois. Comme au rugby que j’ai pratiqué, on a le droit d’être viril, mais correct.